2014/07/20 – Tritathlon de Freibourg-en-Brisgau – 400m-26km-5km

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« C’est la course de ta vie ! » Fred B. le 20 juillet 2014
Pour meubler le vide sportif de la période estival, Frédéric (encore lui) m’avait proposé le Triathlon de Freibourg en Brisgau il y a quelques semaines. Initialement nous devions faire le M, mais le temps de se décider et de confirmer que les licences françaises étaient acceptées en Allemagne (et elles le sont), le M se retrouvait complet pour nous imposer le S. Je partais donc à l’aventure, sans trop y croire, sur un format inconnu que je n’avais pas choisi.Dès la fin de semaine nous savions que le temps ne serait pas au rendez-vous. Une dernière sortie vélo de 66km samedi par une canicule d’enfer et me voilà prêt pour une bonne nuit de sommeil. Sans objectif, sans pression, sans même trop savoir pourquoi j’y allais, autant dire que la nuit n’a pas été difficile. Réveillé par la pluie à 7h, je me demandais de plus en plus ce que j’étais allé faire dans cette galère.

8h, la famille Bodin au grand complet passe me récupérer direction Freibourg. Le départ est à 11h45, mais le fils de Frédéric s’est inscrit pour le Trikids (qui est en fait un « duathlon kids »). Arrivés sur place à 9h30, il ne pleut pas, mais les nuages à l’horizon sont noirs. Le M est déjà parti quand nous arrivons, première bonne raison d’avoir été forcés de prendre fièrement choisi le S.

Une récupération de dossard et un trikids (honorablement terminé par Matéo) plus tard, début de préparation. A ce moment toujours très peu de pression. Nouveauté par rapport à Kruth : j’ai piqué l’idée du sac de course d’Aurore pour transporter mes affaires de la voiture au parc à vélo (PAV) plus pratique. Retour au PAV, on croise au passage Emeline, sous quelques premières gouttes, qui fait grise mine et nous dit qu’elle hésite à prendre le départ au vu du temps. On tente de la remotiver mais c’est pas gagné. Au passage on en profite pour voir arriver les concurrents du M de leur parcours à vélo depuis l’intérieur du PAV, c’est assez intéressant, je n’avais jamais eu l’occasion de regarder les transitions.

Dépôt des affaires à 11h et là 45 min à patienter. Le brief est fait à ce moment, mais j’y comprends pas grand chose (moi et l’allemand, cette fougueuse histoire d’amour impossible…) Fred me traduit les éléments importants : pas de drafting, 2 tours à faire sur la course à pied, pas de montée sur le vélo avant l’arbitre en sortie du PAV, etc… Le briefing est interrompu par une violente averse qui s’abat sur nous (et les coureurs du M). Je les plains en me disant qu’on est les prochains ! Qu’est-ce que je suis venu faire là ?

11h20, mon binôme du jour tient à s’échauffer et répète qu’il est fatigué, petit à petit la pression monte et son stress est communicatif. On fait quelques tours de pelouse (le village départ est installé sur un terrain de foot synthétique entouré d’une piste d’athlétisme qui sert d’arrivée au triathlon). 11h35 direction le plan d’eau pour aller goûter l’eau et y finir l’échauffement. L’eau est assez chaude, probablement entre 23 et 25 (la combinaison était interdite). Toujours aucune envie d’y aller, et pas du tout dedans.

Partie natation
 

La natation est (supposée) faire 400m sur un triangle dans la partie gauche du lac. Visuellement ça semble faire plus. Le départ s’effectue les pieds dans l’eau, et Fred applique sa (désormais habituelle) technique de « l’extérieur ». Après un décompte de 10 secondes le départ est donné. Aucune « violence » cette fois tout se fait dans le calme. Je m’aperçois rapidement que nous ne sommes pas les seuls à avoir serré à gauche, à tel point que la majeure partie du peloton prend trop large. je fais donc cavalier seul plus à droite pour couper au plus court et viser la bouée. Les sensations sont plutôt bonnes et je commence doucement à me réveiller. Je tiens un rythme qui me semble plus soutenu que sur mes deux « M » précédents, passé la première bouée je commence à sentir les bras mais je me dis que j’en n’aurai plus besoin après et sur un « S » autant tout donner.

Passé la seconde bouée je peine à viser la sortie de l’eau. Ne voyant pas le flux habituel de nageurs sortir de l’eau devant moi je pense un moment ne pas viser juste… Je prends le temps de regarder pour m’apercevoir qu’à 50m devant, personne n’est encore sorti, je découvre à mes dépends qu’être devant n’a pas que des avantages.

Je sors de l’eau par l’escalier prévu, cette fois je n’ai visiblement pas de pied écorché. A l’entrée du PAV il faut « checker » avec notre transpondeur, original. Au final, j’ai le sentiment que nous avons fait plus de 400m, la montre indique 467m, mais cela donne un rythme de 2″08/km, ce qui ne colle pas avec l’effort fourni. La mesure du parcours sur google maps donne quant-à elle 600m ce qui semble plus cohérent et donne un rythme de 1″36/km (même si cela reste modeste au vu de l’effort fourni). Le chrono officiel à l’entré du PAV indique 10″07.
 
 
Rythme moyen : 1″36’ / 100m
 
Première transition (T1)
Au stand, les affaires sont trempées. Mon enchainement est brouillon notamment en raison de la pluie et de l’eau omniprésente. J’ai décidé de m’essayer au « sans chaussettes », une courte distance sans objectif est une bonne occasion. Fred arrive quelques secondes après moi et enfile… ses chaussures de running ! C’est bon pour mon moral et je me dis que je lui grappille encore quelques seconde de plus. Mon chrono indique 1″29 pour cette transition, ce qui est correct sans être parfait en l’absence de combinaison.
 
 
Partie vélo
Avec une route détrempée et sans avoir rien compris du briefing (et au vu du taux anormalement haut d’abandon sur chute des leaders sur le tour de France cette année), je pars en me disant que j’ai une chance sur 2 d’aller au tapis. Les premiers hectomètres sont sinueux, alternants piste cyclable, pavés et virages à 90° voire plus. Malgré ça je surprends mon compteur à flirter avec les 40 dès le premier km. Je garde la tête froide et je me dis que même si je suis sur un sprint il faut quant même prévoir 40 à 50 min d’effort. Les virages s’enchainent et un premier vélo type « avion de chasse de contre la montre » me dépasse. Je me dis que je suis de retour à la réalité de mon niveau et que d’autres le suivront, mais je ne vois personne derrière. Je m’agrippe à mon prolongateur, à tel point qu’il vient à bouger au passage sur un nid de poule, il s’incline de 5 ou 6 degré vers le bas, pas de bol. Je force pour le redresser mais cette fois il est trop haut. J’ajuste en frappant dessus. Tout cela se passe en 30 secondes, mais je ne perds pas de distance sur « l’avion de chasse » qui est resté à 15 m devant moi après son dépassement.Je poursuis à distance règlementaire les 2 ou 3 km suivants, jusqu’à apercevoir une meute de 4 ou 5 coureurs s’approchant derrière moi. Je reste dans ma course, le compteur est toujours anormalement haut, je ne passe sous les 40 que dans les virages. Je commence à halluciner de tenir ce rythme et les jambes commencent à me le faire sentir. Nous arrivons sur une route de campagne neuve dont toute la largeur a été bloquée pour la course, je suis impressionné des moyens mis en oeuvre, c’est rare de voir des avenues et routes de ville bloquées pour des courses de notre niveau en France.

Fred me rejoint au 7 ou 8ème km sur cette route accompagné du groupe que j’avais aperçu plus tôt. Le groupe avance à un rythme effréné que je tente de suivre. Il me demande à quel niveau je pense que nous sommes, je lui dis que je pense être entre 30 et 40ème. Probablement aussi impressionné que moi par le rythme du groupe il me lance « Donne tout ce que tu as, c’est la course de ta vie ! » (et quelle course). Naïvement je tente de maintenir des distances règlementaires. Il me faudra 10km pour comprendre que je suis le seul à tenter de faire « illusion » et surtout qu’aucun arbitre n’a souhaité venir goûter la pluie avec nous. A mi chemin nous croisons dans le sens retour la moto de police qui précède le premier cycliste. Arrivés au virage Fred m’indique « si j’ai bien compté tu es 11ème et moi 12ème », j’y crois à moitié. Passée la mi chemin, mes jambes finissent par ne plus se plaindre et je vis un moment de pur plaisir sportif comme shooté à l’adrénaline. De retour sur notre route lisse, j’en profite pour me lâcher et attaquer à 48 km/h pour remonter l’intégralité du groupe que j’emmène pendant 500m. J’en crois pas plus mes jambes que mon compteur et je suis complètement survolté. J’oublie un moment qu’il restera 5km à pied et que comme sur mes 2 dernières courses, je risque de prendre cher à ce moment. Tant pis, si c’est la course de ma vie autant pas la faire à moitié !

Les derniers kilomètres nous font retrouver les virages et revêtements compliqués. Je manque de chuter sur l’un d’entre eux n’ayant pas vu un ruban de signalisation délimitant 2 voies d’une piste cyclable. Je fais une sortie de route qui permet à Fred de repasser devant. Je rage, mais je reprends l’avantage à 100m du PAV. Nous arrivons ensemble au niveau de l’artibre, je peine à sortir de mes chaussures en les laissant sur les cales. Au même moment il fait une chute à l’arrêt pour la même raison. Il oublie sur place ses deux chaussures que je prends le temps de récupérer pour lui. Grave erreur…

 
Vitesse moy. : 36,2 km/h (record personnel de moyenne précédent record 31,6km/h au duathlon de Betschdorf 2014 sur 53 km)
Gain d’altitude : 66 m
Chrono perso : 48″22′
 
 
Deuxième transition (T2)
 
Il entre donc devant moi dans le PAV, sans attendre ses chaussures, je lui indique qu’il me doit 10 secondes, mais là encore il est dans sa course. Je pose mon vélo sur le mauvais stand, deuxième transition également brouillon. A la sortie, il m’a pris effectivement entre 10 et 15 secondes. Mon chrono indique 48’ pour cette transition (les transitions ne sont pas mesurées par le chrono officiel et sont donc toutes les 2 intégrées dans le chrono du vélo).
Partie course à pied
 
Comme pour le vélo, les premiers hectomètres sont étonnamment faciles. A quelques mètres de la sortie du PAV se trouve un ravito dans un virage serré, couvert de pavé et en montée, autant dire pas le meilleur endroit pour un ravito. Mécaniquement je prends le verre qui m’est tendu. Note pour la prochaine course, ne pas prendre de verre inutile ! Le parcours fait 2 tours du plan d’eau de 2,5 km. Il est principalement constitué d’un chemin de terre, terrain très agréable malgré la pluie qui continue de tomber, même finement.J’ai Fred à vue à 200m devant moi pendant la plupart du parcours. À 1/3 du tour se trouve une brusque montée suivi d’un virage à 180° qui calme tout le monde. Au premier passage je ralentis. Le second sera l’occasion de voir que mon concurrent n’est pas si loin, je maintiendrais donc un bon rythme (motivé par le rythme très modeste de ceux qui n’entament que leur premier tour au même moment).

Au niveau rythme justement, je tourne entre 4″20 et 4″50 au km et je me sens toujours très bien. J’arrive même à faire quelques relances et je caresse un moment l’espoir de reprendre du temps sur mon lièvre, en vain.

Globalement, c’était là ma première course à pied de triathlon en bonnes conditions, maitrisée de bout en bout et non subie comme ce à quoi je commençais à m’habituer avec mes 2 premières courses. Je termine mon premier 5km (triathlon ou non) en 22″11 soit un peu plus de 4″30 / km de moyenne ce qui correspond bien à mes capacités, largement plus que les malheureux chronos sur 10km réalisés à Obernai et Kruth. J’aurais même les moyens de sprinter sur la dernière ligne droite pour ne pas me faire reprendre de place par mes 2 suiveurs.

Rythme moyen : 4″33′ min/km
Bilan
Je termine le tout en 1h21min45sec au chrono officiel, 14ième des 168 arrivants au scratch (complexe à lire dans la mesure où nous étions classé dans le groupe des 6 « licenciés »). Parti avec peu de motivation, la course m’a progressivement réveillé avant de me survolter, résultat du plaisir du début à la fin contre toute attente ! Je réalise progressivement que je suis plus fait pour le plat que le relief en vélo, mais au moins je n’ai pas que des défauts sur ce sport. Niveau course à pied, j’aurais peut-être pu donner un poil plus, ayant franchi la ligne sans réelle impression de m’être fait mal (mais sans non plus avoir eu le sentiment de me trainer). Le rythme est satisfaisant.Au final la course me permet de découvrir le format S que je retrouverai (avec plaisir) à Gerardmer le 7 septembre. Un grand merci à la famille Bodin qui m’a laisser l’accompagner pour cette journée sportive. Merci aussi à l’organisation très bien rodée particulièrement sur la partie vélo très bien sécurisé malgré les conditions difficiles.

14ième / 168 (scratch)
2ième / 18 (catégorie TM25)
 
 

 

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