41ème Marathon de Berlin (2014)

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Organisation
 
Les plus
Départ rapide, peu d’attente dans les sas, marathon très roulant, ravitaillements rapides et fluides, organisation irréprochable, sacs de vestiaire à l’arrivée (que je n’ai pas utilisé), massage tous les 5km à partir du 20ème km
 
Les moins
Histoire d’en trouver un, le seul point qui m’a choqué : l’absence des distances en miles (mais bon je suis pas concerné…)
 
La préparation
 
Le Marathon de Berlin était THE objectif de la saison. Initialement ce devait être NYC. Le dossard était booké, mais les tarifs arrivés en février étaient prohibitifs et incompatibles avec les projets en cours. Initialement Papa devait m’accompagner, mais un empêchement administratif (et sportif…) l’avait contraint a l’abandon. Je me retrouvais donc pour la première fois seul à l’assaut d’un marathon.
 
Par rapport à la préparation du Marathon de Strasbourg 2012, j’avais réalisé un volume plus faible de course à pied (eh oui contre toute attente j’ai moins couru en 2014 qu’en 2012), mais s’agissant de ma première saison de triathlon, le volume « manquant » avait été compensé par les 2 autres disciplines (principalement le vélo). En nombre d’heures de cardio j’étais donc mieux préparé.
 
En 2013 pour Paris j’avais tenté une préparation « coachée » que je n’avais pas réussi à boucler et qui n’avait pas donné de résultat. En 2012 pour Strasbourg, j’avais simplement appliqué le principe suivant : minimum 2 à 3 séances par semaine, dont 1 longue durant les 10 semaines précédant l’objectif. Cette deuxième formule avait mieux réussi (tout en prenant en compte que Paris se préparant en hiver, la température avait aussi influencé la prépa).
 
Au début de la saison en janvier, j’avais inspecté le calendrier et coché un grand nombre de courses, principalement course à pied sans penser au triathlon. J’ai finalement peu respecté le planning sur les évènements, mais j’ai dépassé le nombre de courses espéré pour la saison (1 duathlon, 2 semi-marathons, 1 trail, 7 triathlons avant le marathon).
 
1h41 au semi de Strasbourg en mai (mon record) avait posé les bases d’une bonne confiance pour ce marathon qui a la réputation d’avoir le parcours le plus roulant du monde. Seul un 10km me manquait cette saison pour jauger de mon état de forme en course à pied. À défaut de trouver une course compatible avec mon planning, j’ai donc décidé de partir sans ce repère.
 
Jeudi avant le départ, une rapide consultation du coach (Antoine) m’avait rappelé (si je l’avais oublié) que « tout se joue dans le second semi ». C’est ce dernier conseil que j’ai retenu au départ de Berlin.
 
En terme de nutrition j’avais décidé de tester un pack marathon de Overstim. Ce serait donc ma première utilisation de gel. J’en avais pris 2 en rab à consommer dans la semaine afin de tester la digestion. Le pack se compose de malto à prendre pendant les 3 jours qui précèdent, d’un gâteau sport pour le matin même, d’une boisson d’attente et de 8 gels. Antoine avait attiré mon attention sur le risque d’indigestion mais j’ai décidé de tenter malgré tout et de partir avec la ceinture pleine des 8 gels. Pour le reste, j’avais privilégié les pâtes 1 fois par jour pendant la semaine qui précédait le marathon.
 
Concernant l’objectif, j’avais du mal à me situer. Partagé entre l’optimisme de mon semi et de mes triathlons de la saison, et le pessimisme de mon volume de course à pied que je jugeais trop faible. Ce qui me faisait imaginer un temps entre 3h55 (mon record avant le départ) et 3h40 (ce qui serait un exploit). Je tranchais donc à 3h45.
 
Arrivé le vendredi (pour une course le dimanche) avec Maud, j’ai commencé par la récupération du dossard à Berlin Vital, équivalent de Running Expo pour Paris. 2 ou 3 détails surprenants : l’expo se tient dans l’ancien aéroport désaffecté du Tempelhof, un bâtiment titanesque très impressionnant, l’organisation imprime les dossards en temps réel à l’aide d’une armée d’imprimantes, un bracelet est attaché au bras de tous les coureurs après vérification d’une pièce d’identité, celui-ci est indispensable pour l’entrée dans les sas de départ. Je récupère au passage un bracelet de repère sur les temps de passage sur le stand Asics qui les imprime à la demande. Je pars donc sur 3h45.
 
La veille du départ avec Maud nous avons préparé les points auxquels nous pourrions nous voir durant la course, avec un itinéraire vélo spécial pour elle. Aucune certitude sur nos chances de nous voir mais au moins elle aurait occupé sa matinée. A partir du rythme de 3h45, nous avons calculé mes horaires de passage à chaque point, à pondérer du délai du départ (qui avait été de plus de 30 min à Paris). Pour l’aider, l’application du Marathon permet le suivi en temps réel des marathoniens à chaque point chronométrique via la puce fournie. Elle prévoit les PK 1 7 14 19 32 et 37.
 
Niveau pression, après un mois de Septembre rocambolesque, je suis à mon minimum. Je ne réalise absolument pas que je suis sur le point de prendre le départ d’un marathon, du coup 0 stress.
 
La course
 
Réveil à 5h50 pour arriver à 6h à l’ouverture du petit dej de l’hôtel. J’ingurgite la moitié de mon gâteau sport comme spécifié, une banane et un jus d’orange. Le gâteau a beau être lourd, la quantité recommandée est faible, j’ai quelques doutes sur les capacités de ce petit dej à me suivre au bout des 42,195km. En même temps, toujours pas conscient de l’effort qui m’attend, je ne m’inquiète pas plus que ça.
 
Je rallie le départ en métro, même s’il n’est qu’à 2 ou 3 km de l’hotel, j’ai beaucoup marché dans Berlin les 2 jours précédents, et je veux préserver mes jambes jusqu’au départ (au moins pour le mental). Les sas de départ sont organisés par lettres de A à H. Je suis en G (3h50 à 4h10-15 de mémoire). Je regrette un peu de ne pas avoir annoncé 3h45 dès l’inscription (mais en février, je n’imaginais pas une saison aussi réussie). Je me résigne à me placer dans les premières lignes du sas G.
 
Première impression, par rapport à Paris, la ligne de départ est très proche, une centaine de mètres par rapport à 2 ou 3 fois plus à Paris. Je sirote ma boisson d’attente que je termine 30 min avant le départ. Je vais aux toilettes 2 fois avant le départ, je sais qu’avec ce que j’ai bu, il risque d’y avoir quelques arrêts pipi (et donc perte de temps..).
 
Le départ « principal » est donné à 8h45 pétantes. Les groupes A à E se lancent progressivement. À 8h50 il ne reste plus que le groupe F devant nous. Je suis impressionné par la vitesse du départ, beaucoup plus rapide qu’à Paris. C’est à ce moment que les groupes F et G sont mélangés, pour mon plus grand bonheur. Je remonte le groupe F pour rattacher les 2 meneurs d’allure « 3h45 ». L’un d’entre eux perd son ballon, dommage… On nous fait avancer jusqu’à la ligne de départ. À 8h55 pile un nouveau départ est donné pour nos groupes. Je suis à quelques mètres de la ligne à ce moment. On peut difficilement imaginer meilleur départ. Une fois le top donné, le rythme de la foule est instantanément calé sur un rythme marathon.
 
Comme à Paris, au moment du départ, j’ai de nouveau la vessie pleine, malgré mes précautions. Cette fois je n’hésite pas à m’arrêter rapidement après le départ pour ne pas m’encombrer d’une gène inutile dès le départ. Maud m’attend avant le premier km au niveau d’un rond point coté droit. Je manque de partir à gauche absorbé dès les premiers mètres par la mythique « ligne bleue ». A ma grande surprise je l’aperçois à la fin du rond point. Parfait elle saura au moins combien de temps il m’a fallu pour partir et on aura peut-être une chance de se revoir.
 
Je pars dans un rythme assez léger, la cible est à 5:20/km, je ne regarde pas trop la montre, je me dis que les premiers km vont surtout me servir d’échauffement et à voir si les jambes seront de la partie ou non. J’accroche le meneur d’allure 3h45 dès le 2ème ou 3ème km. J’ai rapidement l’impression d’être parti très (trop ?) lentement. Je garde toutefois en tête que « tout se joue dans le second semi », je me dis (sans y croire) qu’au pire, je rattraperai le retard dans ce second semi. Je suis toujours scrupuleusement la ligne bleue indiquant le tracé le plus court.
 
Les ravitaillements sont assez fluides et sans attente, encore une bonne surprise. Déjà bien hydraté, j’avais décidé de n’y passer que tous les 5km, au même moment que la prise de gel histoire de ne pas garder de goût chimique en bouche.
 
Maud m’attend au 7ème, encore une fois j’arrive à la trouver dans la foule : ravitaillement mignon check !
 
Au 12ème (j’avais repéré les km 9 à 12 avec Maud la veille), la montre dépasse l’heure et je ne vois plus les secondes pour surveiller mon retard, un réglage à la volée, j’ai quasiment une minute de retard, je trouve que ça fait beaucoup, le meneur d’allure est toujours dans les parages, mais il perd trop de temps à mon goût, je décide donc d’accélérer et de lui fausser compagnie, histoire de ne pas perdre de vue l’objectif. Je décide de checker mon temps uniquement tous les 5km, pour me concentrer plus sur les sensations et ne pas me stresser à chaque PK.
 
Je pense rater Maud au 14ème qui est finalement plus loin que prévu : ravitaillement bisous, check ! Elle est aussi là au 19ème avant une longue traversée du désert jusqu’au 32ème.
 
Arrivé au semi, les jambes presques aussi fraiches qu’au départ, mais le chrono est à 1h53:30 soit 1 minute de retard sur l’objectif. C’est officiel si je veux tenir les 3h45, il faudra réaliser la course en « négative split » ! Même pas peur… Je me donne rendez-vous au 25ème pour voir si les jambes sont toujours aussi accommodantes !
 
Niveau ravitaillement, j’avais dès le départ un gel en moins qui avait explosé dans le voyage, je décide donc de prendre une banane, comme pour le gâteau sport, la consistance « légère » me donne l’impression de ne rien absorber. Je suis content de voir que je n’ai aucun problème à les digérer.
 
Au 25ème j’ai la conviction que l’objectif est atteignable voire mieux. Je tiens un rythme soutenu, mais j’en garde sous le pied en cas de « mur du 30ème », je me dis que le deuxième semi se joue dans le deuxième 10km !
 
Les jambes commencent à se manifester au 27ème. Rien d’inattendu, et je commence à relâcher ce qu’il me restait de marge d’accélération. La douleur ira crescendo du 27 au 32 ou 33 puis sera stable mais supportable jusqu’à la fin de la course. Globalement c’est beaucoup plus supportable que dans mes 2 marathons précédents. Je commence à me dire que le « Pack marathon » aura peut-être été un bon investissement.
 
Je retrouve Maud au 32ème, que je manque de rater, absorbé dans ma concentration. J’ai profité du 30ème pour mettre mon casque dans les oreilles pour distraire la douleur (merci Didier et sa maman pour l’iPod shuffle prêté pour l’occasion).
 
A partir du 35ème la foule au bord de la route est continue et massive. Les barrières sont ininterrompues et comme on me l’avait annoncé, on se prendrait vraiment pour une star ! Je l’avais repéré sur la carte, les 3 derniers km sont jalonnés de nombreux virages. À partir du 38ème j’accroche un Danois (ils sont nombreux dans le peloton et au bord du parcours) qui me semble légèrement au dessus de mon rythme mais qui m’aidera à ne pas m’endormir dans les derniers km. Au 39ème plusieurs ambulances obstruent le passage visiblement en raison d’un malaise. Le peloton se retrouve compressé sur 3 ou 4 m de large.
 
Je suis mon Danois jusqu’à la porte de Brandebourg à 200m de l’arrivée où j’arriverai finalement à le distancer pour aller chercher mes 3 heures 45 minutes et 24 secondes au terme de deux derniers kilomètres entrainés par les encouragements de la foule en délire !
 
Bilan
 
Passé la ligne d’arrivée j’ai forcément mal, mais je marche mieux que d’habitude, je quitte assez rapidement le village d’arrivée après un ravitaillement sommaire pour rejoindre Maud au point de rencontre prévu. Après quelques minutes de récupération allongé dans l’herbe devant le Reichtag, je marche quasi normalement.
 
Je suis forcément très content d’avoir atteint mon objectif et je me projette déjà sur le prochain en me disant qu’avec une préparation « sérieuse » je pourrais viser les 3h30.
 
Je conclus une saison avec au compteur 1 duathlon, 2 semi-marathons, 1 trail, 7 triathlons et 1 marathon, sans blessure et sans abandon, on peut donc qualifier la saison de réussie voire parfaite. Je tire beaucoup d’enseignements pour l’année prochaine et surtout de bonnes perspectives d’évolution, en me disant que si je peux réaliser une telle saison sans préparation (ou presque), un peu plus d’anticipation me permettrait de réaliser des performances plus en adéquation avec mon niveau.
 
Temps au 5 km
 

05 km : 27:05

10 km : 27:16
15 km : 26:12
20 km : 27:21
25 km : 26:18
30 km : 26:30
35 km : 26:42
40 km : 26:38
 
Temps au semi
 
1er semi : 1:53:37
2dn semi : 1:51:47
 
Temps réel final : 3:45:24
 
 
 
 

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